Fin de partie

Mon contrat de 3 mois s’achève, j’empaquette toutes nos affaires, à Bébé Gluon et à moi, je m’imprègne des dernières images de cette belle région, j’emmagasine les souvenirs de ces quelques semaines. C’est la fin. Pour moi, la fin d’un chapitre professionnel, avec une ambiance, des collègues, une chef… Mais je le savais dès le début, que ça ne durerait pas. Et je l’ai choisi, ce métier, un métier de terrain, qui nécessite de se déplacer jusqu’au terrain… et de changer de terrain quand on a fini.

Mais pour Bébé Gluon, c’est aussi la fin de ces 4 mois chez une nounou vraiment bien (1 mois puis 3 mois, en suivant mes contrats), de ses relations avec les autres enfants gardés, un en particulier, qui ne venait qu’une journée par semaine, mais dont elle me parlait plus que les autres. La fin de sa relation avec cette dame chaleureuse et attentionnée qu’elle appelle Tata, et chez qui elle va avec un grand sourire tous les matins. La fin de notre petite routine ici, avec les balades le soir pour aller voir les chèvres… Elle connaît maintenant bien la route, et me dit quand il faut tourner, même pour le trajet en voiture !

Mais c’est aussi le retour à la maison au quotidien, retrouver Papa Boson tous les jours, tous ses jouets, sa chambre… Je sais qu’elle retrouvera tout ça avec grand plaisir, mais je sais aussi que Tata va lui manquer. Ainsi que ce petit garçon qu’elle apprécie tant. Et elle, elle ne l’a pas choisi. Pas plus qu’elle n’avait choisi de venir se poser ici, de quitter notre routine à la maison, d’une maman disponible à temps plein, et d’un papa tous les soirs, et tous les matins. Pas plus qu’elle ne choisira le prochain départ, qui aura lieu dans quelques semaines.

Ma fille, je voudrais que tu grandisses dans un cocon d’amour, de douceur et de tendresse. Ma fille, j’aimerais ne pas te priver de ton Papa aussi souvent (se voir seulement le week-end, c’est si peu). Et ne pas priver ton Papa de te voir évoluer au quotidien, d’entendre chaque jour les nouveaux mots que tu as appris à maîtriser dans la journée. Ma fille, j’aimerais te protéger des séparations sur les quais de gare ou près de la voiture, de la tristesse qui m’envahit chaque début de semaine quand il faut quitter Monsieur Boson. Ma fille, j’aimerais te laisser construire une belle relation durable avec une nounou (ou un nounou, peu importe).

Toi, tu sembles plutôt bien vivre la situation. Tu me parles de ton Papa, d’un air triste les premières minutes après l’avoir quitté, puis rapidement d’un air heureux, parce que penser à lui te rend heureuse. Et tu aimes beaucoup ta nounou. Pourras-tu à nouveau, la prochaine fois, t’attacher à une/un nounou, avec la peur de la/le perdre bientôt ? Dans quelle mesure me caches-tu ta tristesse, toi qui fait le clown quant tu sens que moi, je suis triste ?

J’ai besoin de travailler, d’une part parce que ça rapporte de l’argent, ce qui est drôlement utile. D’autre part, parce que je ne me suis jamais vue comme une femme au foyer, j’ai un métier, que j’aime, et que j’aime exercer. Mais mes conditions de travail sont vraiment vraiment difficiles quand on a une famille. Il y a très peu de travail dans mon domaine dans notre région, et j’ai bien du mal à m’y faire connaître. Alors je dois partir loin. Mais quand Bébé Gluon sera à l’école, qu’il faudra que je la laisse toute la semaine, est-ce que je le ferai encore ? Supporterai-je d’être seule dans ma chambre d’hôtel, loin de ma famille ? Si seulement j’avais une belle idée de reconversion !

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